Le magazine de la tapisserie d'ameublement, du rempaillage et de la restauration de sièges …

Carnet d'atelier, du rempaillage au garnissage

Tapisserie d'ameublement : ce qu'un atelier reprend sur un siège et à quel prix

Techniques traditionnelles, matériaux, prix constatés en Île-de-France : ce qu'il faut savoir avant de faire restaurer un fauteuil, une chaise ou une banquette.

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Tapissier à Paris
Tapissier en Île-de-France
Rempaillage et cannage

Rempaillage ou cannage, comment savoir ce que réclame une assise ?

La forme du cadre tranche avant le goût : une ceinture percée de trous appelle la canne, une ceinture pleine appelle la paille.

Au coeur de tapissier à paris
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Cannage de chaise à Paris : refaire une assise cannée dans les règles de l'art
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Le tapissier ne fait pas le métier qu'on lui prête

Deux confusions reviennent presque à chaque premier appel, et toutes deux orientent mal le devis attendu. La première porte sur le mot lui-même. La tapisserie d’ameublement n’a pas de rapport avec la tapisserie murale, celle des tentures tissées et des panneaux de décor. Elle désigne le travail de l’assise et du dossier : sangler, poser des ressorts, monter un crin, tendre une toile, puis couvrir le tout d’un tissu et le finir au galon ou au clou. Un atelier de tapisserie d’ameublement ne restaure donc ni une tenture, ni une dorure, ni un bâti fendu, qui relèvent d’autres artisans.

La seconde confusion oppose deux gestes que le public mélange en permanence. Le rempaillage tresse des brins de paille de seigle autour d’une ceinture pleine, jusqu’à former une assise compacte reconnaissable à ses quatre coins en pointe. Le cannage tisse des lanières de rotin en un maillage ajouré, dans une série de trous percés au pourtour du cadre. Les deux ne s’appliquent pas au même siège, et le choix ne dépend pas d’une préférence esthétique : c’est le bâti qui décide, selon qu’il présente une ceinture percée ou non.

Ce que la tapisserie d’ameublement n’est pas, enfin, c’est un travail de recouvrement. Poser un tissu neuf sur une garniture affaissée revient à masquer le problème pour deux ou trois ans. Le diagnostic porte d’abord sur ce qu’il y a dessous : sangles détendues, ressorts déclipsés, crin tassé, toile percée. Le tour d’horizon des prestations, des prix et des questions à poser part précisément de cette étape, avant toute discussion de couleur.

Quatre gestes distincts sur un même siège

Chacun répond à un état de la structure, avec sa durée d'atelier et son propre ordre de prix.

Le rempaillage, une assise pleine tressée brin par brin
Le tresseur travaille par quarts successifs autour de la ceinture, en serrant la paille de seigle jusqu’à obtenir une surface régulière. Le geste est long et se mesure en heures d’atelier plutôt qu’en matière, ce qui explique pourquoi le coût varie peu avec la qualité de la chaise. Les fourchettes constatées en Île-de-France démarrent autour de 80 à 150 euros pour une chaise de série. La technique, la paille et le budget d’un rempaillage détaillent les écarts entre une assise simple et un modèle à motif.
Le cannage, un maillage ajouré tissé dans des trous percés
Le cannage traditionnel se tisse main à main dans les perçages du cadre, selon un maillage à six brins qui donne le motif hexagonal familier. Le cannage dit mécanique utilise une nappe tissée d’avance, encastrée dans une rainure et bloquée par une baguette : plus rapide, il ne s’applique qu’aux sièges prévus pour cette pose. Confondre les deux au moment du devis fait attendre un prix qui ne correspond pas au siège apporté. Refaire une assise cannée dans les règles suppose de trancher ce point en premier.
La garniture traditionnelle, empilement de matériaux vivants
Sangles de jute, ressorts biconiques cousus un à un, toile forte, crin animal piqué en points de fond, toile blanche puis couverture : la garniture à l’ancienne se construit par couches, chacune tenue par une couture. Elle se répare indéfiniment, se retend, et se reprend couche par couche des décennies plus tard. Son coût tient au nombre d’heures, non au prix des matières, et c’est ce qui la réserve aux bâtis qui le justifient.
Le regarnissage moderne, une mousse taillée sur mesure
La garniture contemporaine remplace crin et ressorts par une mousse de densité choisie, posée sur une sangle élastique. Le résultat est immédiat, le confort réglable et le prix nettement inférieur, au prix d’une durée de vie plus courte et d’une réparabilité quasi nulle. Sur un siège de famille sans valeur patrimoniale, l’arbitrage se défend ; sur un bâti ancien, il ferme définitivement la porte à une restauration ultérieure. Quand restaurer et quand regarnir se décide au diagnostic, jamais au catalogue.

Le prix d'une réfection se lit dans le temps d'atelier

Un devis de tapissier se compose presque toujours de trois blocs, et le tissu n’est pas celui qui pèse le plus. Le premier bloc est la dépose : retirer clou par clou l’ancienne couverture, ouvrir la garniture, constater ce qui se trouve dessous. Cette étape se chiffre à l’aveugle et explique qu’un devis sérieux soit souvent donné après examen du siège plutôt qu’au téléphone. Le deuxième bloc est la remise en état de la structure, avec des écarts considérables selon que les sangles tiennent encore ou que tout est à reprendre.

Le troisième bloc, la couverture, est le seul que le client maîtrise vraiment. Le métrage dépend de la laize du tissu et surtout du raccord : un motif à répétition large impose des chutes que personne ne peut éviter, et double parfois la commande. Fournir son propre tissu reste possible dans la plupart des ateliers, à condition d’accepter que le métrage soit calculé par le professionnel et que la garantie ne couvre pas la matière apportée.

Sur un fauteuil complet en garniture traditionnelle, les fourchettes constatées en Île-de-France s’étalent couramment de 400 à 900 euros hors tissu, et la réfection d’un fauteuil Voltaire sert souvent de repère parce que sa forme revient très fréquemment en atelier. Les délais se lisent comme les prix : quelques semaines de travail effectif, mais une file d’attente qui s’allonge selon les secteurs. Les repères par territoire, du maillage des ateliers dans les Yvelines aux ateliers du sud des Hauts-de-Seine, donnent une idée de la distance à parcourir pour déposer un siège encombrant.

Choisir un atelier en Île-de-France, distinguer rempaillage, cannage et réfection

Deux rubriques répondent à la question du lieu, deux autres à celle du geste, et l'ordre dans lequel on les lit dépend de ce qu'on tient déjà entre les mains.

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Sur le devis, le délai et le métrage de tissu, ce qui se demande

Combien coûte la réfection d'un fauteuil ?
Les fourchettes constatées en Île-de-France vont d'environ 80 à 150 euros pour un rempaillage de chaise à 400 à 900 euros pour la réfection complète d'un fauteuil en garnissage traditionnel, tissu non compris. Le devis détaillé reste la seule référence fiable.
Rempaillage ou cannage : quelle différence ?
Le rempaillage tresse des brins de paille pour former une assise pleine, tandis que le cannage tisse des lanières de rotin en un maillage ajouré. Les deux techniques répondent à des assises différentes et ne sont pas interchangeables sur un même siège.
Vaut-il la peine de restaurer un siège ancien ?
Souvent oui : un fauteuil ancien bien restauré traverse des décennies et garde une valeur d'usage et parfois patrimoniale. La décision se pèse entre l'attachement à la pièce, la qualité de sa structure et le coût de la réfection comparé au neuf de qualité.
Définition

Tapisserie d'ameublement

Métier qui consiste à garnir et à habiller un siège ou un meuble, par opposition à la tapisserie murale qui relève du décor et de la tenture tissée. Le tapissier d'ameublement travaille la structure du garnissage, sangles, ressorts, crins et toiles, puis pose le tissu de couverture et ses finitions. Il ne fabrique pas le bâti, qui relève de l'ébéniste ou du menuisier en sièges, et ne traite pas la dorure. Le rempaillage et le cannage constituent des spécialités voisines, exercées par des artisans parfois distincts.

Un siège à faire diagnostiquer avant toute réfection ?

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