Carnet d'atelier, du rempaillage au garnissage
Tapisserie d'ameublement : ce qu'un atelier reprend sur un siège et à quel prix
Techniques traditionnelles, matériaux, prix constatés en Île-de-France : ce qu'il faut savoir avant de faire restaurer un fauteuil, une chaise ou une banquette.
Découvrir les techniques


Rempaillage ou cannage, comment savoir ce que réclame une assise ?
La forme du cadre tranche avant le goût : une ceinture percée de trous appelle la canne, une ceinture pleine appelle la paille.





Le tapissier ne fait pas le métier qu'on lui prête
Deux confusions reviennent presque à chaque premier appel, et toutes deux orientent mal le devis attendu. La première porte sur le mot lui-même. La tapisserie d’ameublement n’a pas de rapport avec la tapisserie murale, celle des tentures tissées et des panneaux de décor. Elle désigne le travail de l’assise et du dossier : sangler, poser des ressorts, monter un crin, tendre une toile, puis couvrir le tout d’un tissu et le finir au galon ou au clou. Un atelier de tapisserie d’ameublement ne restaure donc ni une tenture, ni une dorure, ni un bâti fendu, qui relèvent d’autres artisans.
La seconde confusion oppose deux gestes que le public mélange en permanence. Le rempaillage tresse des brins de paille de seigle autour d’une ceinture pleine, jusqu’à former une assise compacte reconnaissable à ses quatre coins en pointe. Le cannage tisse des lanières de rotin en un maillage ajouré, dans une série de trous percés au pourtour du cadre. Les deux ne s’appliquent pas au même siège, et le choix ne dépend pas d’une préférence esthétique : c’est le bâti qui décide, selon qu’il présente une ceinture percée ou non.
Ce que la tapisserie d’ameublement n’est pas, enfin, c’est un travail de recouvrement. Poser un tissu neuf sur une garniture affaissée revient à masquer le problème pour deux ou trois ans. Le diagnostic porte d’abord sur ce qu’il y a dessous : sangles détendues, ressorts déclipsés, crin tassé, toile percée. Le tour d’horizon des prestations, des prix et des questions à poser part précisément de cette étape, avant toute discussion de couleur.
Quatre gestes distincts sur un même siège
Chacun répond à un état de la structure, avec sa durée d'atelier et son propre ordre de prix.
Le rempaillage, une assise pleine tressée brin par brin
Le cannage, un maillage ajouré tissé dans des trous percés
La garniture traditionnelle, empilement de matériaux vivants
Le regarnissage moderne, une mousse taillée sur mesure
Le prix d'une réfection se lit dans le temps d'atelier
Un devis de tapissier se compose presque toujours de trois blocs, et le tissu n’est pas celui qui pèse le plus. Le premier bloc est la dépose : retirer clou par clou l’ancienne couverture, ouvrir la garniture, constater ce qui se trouve dessous. Cette étape se chiffre à l’aveugle et explique qu’un devis sérieux soit souvent donné après examen du siège plutôt qu’au téléphone. Le deuxième bloc est la remise en état de la structure, avec des écarts considérables selon que les sangles tiennent encore ou que tout est à reprendre.
Le troisième bloc, la couverture, est le seul que le client maîtrise vraiment. Le métrage dépend de la laize du tissu et surtout du raccord : un motif à répétition large impose des chutes que personne ne peut éviter, et double parfois la commande. Fournir son propre tissu reste possible dans la plupart des ateliers, à condition d’accepter que le métrage soit calculé par le professionnel et que la garantie ne couvre pas la matière apportée.
Sur un fauteuil complet en garniture traditionnelle, les fourchettes constatées en Île-de-France s’étalent couramment de 400 à 900 euros hors tissu, et la réfection d’un fauteuil Voltaire sert souvent de repère parce que sa forme revient très fréquemment en atelier. Les délais se lisent comme les prix : quelques semaines de travail effectif, mais une file d’attente qui s’allonge selon les secteurs. Les repères par territoire, du maillage des ateliers dans les Yvelines aux ateliers du sud des Hauts-de-Seine, donnent une idée de la distance à parcourir pour déposer un siège encombrant.
Combien de semaines un fauteuil passe-t-il chez le tapissier ?
Le temps d'atelier compte moins que la file d'attente : le délai annoncé mélange les deux et mérite d'être décomposé.

Rempaillage de fauteuil ou de chaise : technique, paille et budget
Comment se déroule le rempaillage d'une chaise ou d'un fauteuil dans les règles : matériaux, étapes du tressage, durée et prix constatés en 2026.
Lire le dossier
Réfection d'un fauteuil Voltaire : étapes, tissus et coût chez le tapissier
Le chantier type d'un fauteuil Voltaire chez un tapissier : diagnostic, garniture crin ou mousse, choix du tissu et prix constatés en 2026.
Lire le dossier
Restauration de fauteuil ancien : quand restaurer, quand regarnir
Diagnostiquer un fauteuil ancien et arbitrer entre restauration patrimoniale fidèle et regarnissage moderne : critères, méthode et prix constatés en 2026.
Lire le dossierChoisir un atelier en Île-de-France, distinguer rempaillage, cannage et réfection
Deux rubriques répondent à la question du lieu, deux autres à celle du geste, et l'ordre dans lequel on les lit dépend de ce qu'on tient déjà entre les mains.

Tapissier dans le 15e arrondissement : ateliers et spécialités du quartier
Sur le devis, le délai et le métrage de tissu, ce qui se demande
Combien coûte la réfection d'un fauteuil ?
Rempaillage ou cannage : quelle différence ?
Vaut-il la peine de restaurer un siège ancien ?
Tapisserie d'ameublement
Métier qui consiste à garnir et à habiller un siège ou un meuble, par opposition à la tapisserie murale qui relève du décor et de la tenture tissée. Le tapissier d'ameublement travaille la structure du garnissage, sangles, ressorts, crins et toiles, puis pose le tissu de couverture et ses finitions. Il ne fabrique pas le bâti, qui relève de l'ébéniste ou du menuisier en sièges, et ne traite pas la dorure. Le rempaillage et le cannage constituent des spécialités voisines, exercées par des artisans parfois distincts.
